Journée d’hommage et de commémoration : à Samuel Paty et Dominique Bernard - CAN@BAE Histoire-Géographie

Journée d’hommage et de commémoration : à Samuel Paty et Dominique Bernard Déroulé de la séance post-attentat

, par franck.besqueut

Guillaume Barral (Enseignant de géographie-histoire-EMC en section européenne Anglais - Lycée de la Cotière) met à disposition le déroulé et le contenu de la séance qu’il a mené avec ses élèves lors du temps d’hommage et de commémoration à Samuel Paty et à Dominique Bernard.

1/ Temps d’expression des émotions et d’échange
Partir des élèves, de leurs représentations, et des émotions qui ont pu les marquer et les marquent encore, afin de les laisser exprimer leurs interrogations, peines, angoisses… et leur laisser la possibilité d’écrire ou dessiner cela, et de la partager ou non au reste de la classe.
Quelques questions peuvent aider les élèves :
- Que ressentez-vous face à l’attentat qui s’est déroulé à Arras ? Comment vous sentez-vous ? Avez-vous envie de partager quelque chose avec l’enseignant, la classe… ?
- Qu’avez-vous vu sur les réseaux, et médias en tout genre ? Voulez-vous en parler ?
Surtout, ne pas forcer les élèves réfractaires (chacun a le droit de réaliser ou non cette activité, et d’être prêt ou pas à échanger à ce sujet).
Il est ensuite possible de mener un échange, soit directement avec les élèves en passant dans les rangs, soit à l’échelle de la classe, en fonction des besoins remontés par les élèves.
Il est important de finir ce temps en rassurant les élèves sur le fait que cet événement est exceptionnel, et que l’école reste un espace protégé.

2/ Une attaque terroriste dans un lycée à Arras : que s’est-il passé ?
Après ce premier temps d’introduction, il peut être bienvenu d’éclaircir le déroulement de l’événement, et de passer des émotions à une explication plus posée et factuelle, en élucidant certains termes (attentat, radicalisation, islamisme, plan Vigipirate…).
On peut commencer par partir des élèves et ce qu’ils savent a priori, avant de leur proposer un dossier constitué par 1jour1actu, pour mettre à plat les événements et faire en sorte que chacun ait le même niveau de connaissance de l’attaque terroriste.
Le dossier donné à l’élève, ainsi que la correction sont en pièce jointe de ce document.

3/ Le rôle de l’Ecole et des enseignants à l’Ecole
Les enseignants étant au cœur de cette actualité, il peut ensuite être opportun de revenir sur le rôle de l’Ecole et des enseignants à l’Ecole.
Le professeur en charge de la classe peut ainsi témoigner de son parcours, et expliquer pourquoi il est devenu professeur, quelles étaient ses motivations, s’il avait-il des modèles… puis comment il construit ses cours sur la base de savoir, et non de croyance ou d’opinion, pour développer l’esprit critique des élèves. Ne pas hésiter à ce moment à revenir sur ces termes, pour les différencier avec les élèves à partir d’exemples concrets = vecteur de savoir, croyance ou opinion ?
- Dieu a créé le monde
- Je pense que la Terre est plate
- Louis XIV a été Roi de France religion, parti politique
Qu’est-ce qui différencie ces phrases en termes de sens ?
L’enseignant pourra alors avoir à cœur de souligner sa mission, qui est avant tout de transmettre les valeurs et principes républicains, et d’en être le garant en classe et dans l’établissement. Ne pas hésiter à revenir sur ces valeurs avec les élèves, en leur demandant s’ils les connaissent, peuvent les citer, et les expliquer brièvement (la laïcité étant au cœur de l’actualité).
Finir par rappeler l’objectif des enseignants en termes d’esprit critique, ici clairement remis en cause par les actes terroristes contre Samuel Paty puis Dominique Bernard. Le professeur accompagne le développement de l’esprit critique des élèves, en leur permettant de construire librement leur réflexion et leur personnalité, et d’assurer une égalité de traitement entre eux.

Conclusion : une minute de silence, pourquoi, comment ?
La question est laissée ouverte afin que les élèves puissent s’en saisir, et tentent de réfléchir à l’intérêt d’une minute de silence. On pourra leur expliquer les tenants et les aboutissants d’un tel moment, qui est avant tout un rite laïque, utilisé depuis 1922 afin de rendre hommage aux morts de la Première Guerre mondiale. Depuis, il est organisé à chaque fois qu’un recueillement collectif s’impose.
Il pourra être pertinent d’inverser la conclusion et le troisième point, si la minute de silence a lieu avant un cours, afin de revenir sur le rôle de l’Ecole, des enseignants, et les valeurs transmises par cette institution

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