L'expérimentation des SIG en classe : quelques pistes de réflexion - CAN@BAE Histoire-Géographie

L’expérimentation des SIG en classe : quelques pistes de réflexion

, par Franck Marco

L’usage des SIG en classe demande à l’enseignant une préparation très conséquente ( construction d’un jeu de données, installation d’une application SIG, évaluation longue car l’élève peut produire une quantité de données importantes, accès aux salles informatiques...). Elle demande aussi un investissement important pour l’élève (maîtrise de l’outil, autonomie...). Il semble donc pertinent de se poser la question de l’intérêt pédagogique de cette utilisation.
Une remarque préalable s’impose : le temps consacré à l’apprentissage de l’outil par l’élève sera d’autant plus acceptable que le même outil sera réutilisé plusieurs fois dans l’année et que cet outil sera facile d’accès pour l’élève. Le professeur doit mettre en relation la complexité de l’outil, sa performance et son apport pédagogique afin de faire le bon choix en fonction des élèves auxquels il s’adresse et de ses objectifs.
Cependant, l’usage d’un SIG peut, outre le fait qu’il familiarise l’élève avec un outil de plus en plus répandu en l’intégrant à une réflexion géographique, met en jeu de nombreuses capacités qu’il peut réinvestir. Utiliser un SIG en classe permet à l’élève de percevoir comment une carte thématique est élaborée ce qui lui échappe trop souvent lorsqu’il analyse un document papier. Il assimile la notion de pertinence des données et de leur classement dans la mesure où le scénario d’apprentissage le lui suggère fortement ( en effet, chez certains élèves, la tendance à multiplier la création de cartes thématiques auxquelles ils ne sont pas en mesure de donner une signification peut-être une dérive). L’élève maîtrise aussi davantage l’analyse comparative des informations du fait de la superposition de plusieurs couches géoréférencées. Il apprend surtout à choisir et trier l’information pour répondre à une problématique. Il peut ainsi formuler des hypothèses et les vérifier avec une souplesse et une rapidité qu’il n’est pas possible d’obtenir par d’autres moyens. Ainsi l’utilisation de requêtes multicritères établies par l’élève lui permet-elle d’élaborer des hypothèses qui deviennent des réponses lorsque il a été capable de percevoir le sens de la requête qu’il a formulée.
Le rôle de l’enseignant demeure cependant essentiel pour guider l’élève dans l’élaboration des requêtes. Les phases d’analyse des résultats, de formulation de réponses cohérentes et de synthèse demeurent indispensables et à ce stade de la réflexion le SIG n’est d’aucun secours direct. Pourtant, le groupe classe, riche de l’expérience menée, peut entrer dans une phase de mise en commun des pratiques et des résultats d’autant plus riche que chacun a travaillé sur les mêmes données tout en produisant des cartes parfois différentes. Les élèves se sont davantage appropriés le sujet et il est alors significatif de les voir échanger spontanément entre eux leurs analyses et se tourner vers l’enseignant pour apporter une réponse lorsqu’ils demeurent en désaccord sur leurs résultats.

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