Apologie pour l’histoire ou Métier de professeur d’histoire
Ce séminaire du Centre d’histoire de sciences po, porte depuis 2011 sur les questions de transmission de l’histoire dans les sociétés contemporaines. Laurent Wirth, inspecteur général, avec Patrick Garcia de l’Université Cergy-Pontoise, avaient construit ce séminaire consacré aux liens entre société et enseignement de l’histoire. L’année 2025-2026 ne déroge pas à cette préoccupation de faire le lien entre l’histoire, sa transmission et les enjeux du présent.
Pour l’année universitaire 2025-2026, les séances seront tournées vers les questions pédagogiques et didactiques. Deux intervenants seront présents pour articuler les apports de la recherche en histoire et en didactique de la discipline. Le dialogue avec d’autres disciplines viendra enrichir les points de vue et favoriser le retour réflexif.
Placer le séminaire sous un titre explicite : Apologie pour l‘histoire ou le métier de professeur d’histoire, profite d’une actualité mémorielle chère à la communauté historienne : à l’heure où Marc Bloch va entrer au Panthéon le 16 juin 2026, en historien comme en résistant, il s’agira de mener une réflexion sur les enjeux contemporains de cet enseignement, alors que la guerre s’est installée en Europe, et de façon pressante, alors que la communauté internationale et les enseignants sont confrontés à la question redoutable du conflit israélo-palestinien, et que les populismes prospèrent, jusqu’en France : à quoi sert d’enseigner l’histoire ? « Papa, explique-moi donc à quoi sert l’histoire ? » Henri-Irénée Marrou, dans un article de la revue Esprit du 1 er septembre 1939, posait déjà cette question de l’utilité de l’histoire face au fascisme dominant l’Europe : « Il faut en prendre conscience, mes pauvres amis ; nous faisons encore de l’histoire, et nous faisons tourner notre petit moulin ; nous publions des documents et nous trions des faits. Mais le monde autour de nous se moque éperdument de tout ce que nous pouvons bien raconter. Si vous n’y prenez garde, tandis que vous continuerez vos jeux, vous serez complètement liquidés par une culture où nulle place ne vous sera gardée : personne bientôt ne croit plus à notre utilité. »
À quoi servent les enseignements d’histoire dans les classes aujourd’hui ? Et, jusqu’à quel point l’enseignement de l’histoire interagit-il, jugule-t-il, sert-il de contrepoids aux pratiques anti-démocratiques du pouvoir ? S’il n’y a pas de « leçons de l’histoire », quel est, alors, son sens, son utilité sociale ? Quelle didactique adopter ? Quelle démarche de transmission est la plus efficace pour enraciner des savoirs essentiels aux yeux des historiens et de tous les humanistes convaincus de l’urgence de leur transmission ? Comment
garantir une culture historique partagée pour construire des identités collectives, ciment de culture partagée ? Quelle démarche encore pour éveiller à l’esprit critique et au développement de la pensée historienne ?