Méthode d'analyse d'une question ou d'un dossier - CAN@BAE Histoire-Géographie

Méthode d’analyse d’une question ou d’un dossier

Le but de l’ECJS, en classe de Seconde notamment, est le débat ou l’exposé contradictoire sur des sujets parfois « grand public ». Le problème, avec ce genre d’activités est que dès que l’on dépasse le stade des « à priori » tous les intervenants qui argumentent convenablement semblent avoir raison.
Comment alors se construire honnêtement un avis cohérent ?
Il faut alors classer puis démonter les raisonnements les opinions

1. Classer

Dans la plupart des questions l’on trouve deux grandes tendances :
Tendance catastrophiste

Niveau 1 : si l’on continue, on court à la catastrophe

Niveau 2 : la catastrophe s’est déjà produite mais on ne le sait pas encore

Tendance optimiste (il n’y a pas de problème)

Niveau 1 : le problème posé n’en est pas vraiment un, le vrai débat est ailleurs

Niveau 2 : la situation redoutée est au contraire plutôt bénéfique

- on peut donc demander aux élèves de classer les documents selon cette grille en citant les passages correspondant à telle ou telle tendance

2. Démonter l’argumentation

Il s’agit ici de s’intéresser à la base sur laquelle se fonde le raisonnement ; il y a en a gros trois grandes familles

A / La référence sacrée, absolue (et donc incontestable ) :

1. la « nature » (humaine ou autre)

2. la religion

3. les droits ancestraux (fondés sur l’ ethnie, une terre etc...) ainsi les Aborigènes, les Amérindiens, les Basques, les Juifs en Palestine etc...

4. la République ( en France). L’opinion anti-républicaine étant discréditée comme anti-nationale de anti-démocratique

5. l’« Histoire » ou son sens supposé comme vérité absolue et incontestable en dehors de faits prouvés

La Référence absolue peut être détournée : le fait cité n ’a pas de rapport direct avec le sens que l’on donne à la référence

Exemple : le droit de chasse révolutionnaire donc républicain et donc indispensable à la démocratie

B / Le problème de la référence scientifique (en principe des preuves solides et vérifiées)

A partir de faits indiscutables, un raisonnement erroné, soit parce que la base est mal choisie, soit mal adaptée.

1) L’« l’auto-référence » : référence à soi-même qui est généralisée à un autre cas ou une autre situation

* ex n°1 : nous sommes seuls dans l’univers parce qu’il a fallut tellement de hasard pour que la vie apparaisse qu’il est presque impossible que cela puisse se produire ailleurs .

* ex. n°2 : nourrir 10 milliards d’hommes est impossible. Avec les données actuelles nous sommes déjà au seuil de la famine (et en + les Chinois veulent manger du poulet et leur pays se désertifie etc ... ) raisonnement de tous les malthusiens toujours mis en échec .

* ex. n°3 : notre système économique est le meilleur malgré tout, puisque compte tenu de nos exigences (retraite, salaire, horaires etc ... ) c’est le plus adapté .

2) la référence détournée :des échantillons non comparables (fréquent dans les débats concernant les dangers respectifs de l’alcool et des autres drogues)

C / La référence impossible

Un raisonnement qui essaye de montrer qu’un problème est radicalement nouveau que la société est donc totalement désarmée et qu’il faut donc prendre des mesures exceptionnelles

ex. : l’intégration d’une nouvelle catégorie d’étrangers

D / La référence méconnue (c’est à dire 1’inverse de la précédente)

Face un problème apparemment nouveau ou subitement plus grave montrer son ancienneté et du même coup son innocuité, sa non pertinence

ex. n°1 : la baisse du niveau scolaire étant un problème dénoncé par les grecs dans l’Antiquité elle est donc une fausse impression

ex n°2 : la corruption des hommes politiques

P.E.LIOGIER, Lycée F.Mauriac-Forez (LOIRE)

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